Ce blog est une plateforme d’expression et de réflexions sur l’actualité de la filière équine. Equistratis étant un think tank ouvert et pluriel, nous donnerons la parole à des acteurs socioprofessionnels de la filière sans parti pris. Il est essentiel que les interrogations, les désaccords mais aussi les idées puissent s’exprimer.

Etude sur le transport de semences congelées

Etude économique et juridique sur le transport de semences congelées  :

Des gains individuels pour 7% des juments

contre un risque de déstabilisation de l’ensemble de la Filière française


Cliquer pour télécharger la synthèse de l'étude


Montsûrs, le 21 juillet 2021 : La commission de l’élevage vient de donner un avis favorable à l’utilisation de l’insémination artificielle à partir de sperme congelé transporté (IAC) pour la reproduction des Trotteurs français.

Cet avis a été pris sans tenir compte d’aucune étude économique, alors que les conséquences juridiques et stratégiques n’ont pas été suffisamment cernées.

Equistratis avec l’appui du think tank Agriculture Stratégies a produit un rapport détaillé, remis au ministère de l’Agriculture, détaillant et chiffrant ces conséquences.

Il apparait ainsi :

-          Que l’avantage économique lié à l’utilisation de cette technique est très faible puisque pour un éleveur stationné jusqu’à 400 kms du lieu de monte, le coût de l’IAC est supérieur à celui de l’insémination immédiate, et que seulement 1000 juments seraient concernées au-delà. L’économie globale pour la filière serait donc infime (385 K€ par an) soit en moyenne 400 € par jument.

-          Que juridiquement l’IAC ne peut être considéré comme légitime au regard du droit européen que si l’avenir de la race est menacé, ce qui n’est pas le cas.

 

-          Que cette possibilité faciliterait la naissance de Trotteurs français nés à l’étranger et risque de supprimer la limitation des 100 cartes de saillies, mettant en péril la notion de race pure par une multiplication des naissances, que la SECF essayait jusqu’ici de contrôler et de réduire

 

-          Que les Trotteurs français nés à l’étranger auraient donc la possibilité de courir au sein de l’ensemble des courses françaises, au contraire des Trotteurs étrangers qui n’ont accès qu’aux courses européennes et internationales. Cela entrainera une dilution des gains de courses, et une perte conséquente pour les Socio-Professionnels français, la part captée par les chevaux issus de l’étranger pouvant atteindre plus de 60 M€ s’ils venaient à représenter 20% des partants.

 

Prendre une telle décision serait donc déraisonnable et mettrait en péril la Filière.

Nous devons également souligner que la SECF, via Jean Pierre Barjon et son conseil juridique ont essayé de nous empêcher de diffuser notre étude en arguant du fait que nous avions procédé, sans son accord, à une analyse critique de l’étude juridique commandée au Professeur BLUMANN. Cette étude de qualité méritait d’être analysée et complétée, toutefois la présidence de la SECF ne semble pas accepter le principe même d’un débat scientifique sur une question pourtant essentielle à l’avenir de la filière.

Face à la propagande consécutive à l’avis de la Commission de l’élevage et préférant l’objectivité scientifique à la censure, nous invitons les Socio-Professionnels, le Comité et les pouvoirs publics à se saisir de cette question avec la plus grande vigueur, sans arrière-pensée partisane. Nous formons le vœu que les membres du Comité, seule instance compétente pour soumettre cette réforme aux autorités de tutelles s’opposent au transport de sperme congelé, évitant en cela une décision catastrophique pour l’avenir du Trot.

Etude sur le transport de semences congelées

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