Ce blog est une plateforme d’expression et de réflexions sur l’actualité de la filière équine. Equistratis étant un think tank ouvert et pluriel, nous donnerons la parole à des acteurs socioprofessionnels de la filière sans parti pris. Il est essentiel que les interrogations, les désaccords mais aussi les idées puissent s’exprimer.

LE PMU ne devrait pas dire ça



La réponse du PMU à la tribune publiée par Equistratis dans Jour de Galop le 28 janvier dernier est surprenante par les arguments choisis pour fonder les critiques à son encontre.

L’Institution des courses est une économie administrée

Tout d’abord, concernant la confidentialité alléguée des données du PMU, il convient de rappeler que le PMU est un GIE (groupement d’intérêt économique) rassemblant une cinquantaine de sociétés de courses, dont les deux sociétés mères (le Trot et le Galop) qui sont investies d’une mission de service public sous le contrôle de l’Etat. Toutes les sociétés de courses regroupées dans le GIE sont des associations à but non-lucratif. Une part non négligeable des revenus est versée à l’Etat, organisme de tutelle, qui justifie la présence de ses représentants dans ses organes de direction.

Ainsi que le rappelle Monsieur AUGEREAU dans le rapport remis au Premier Ministre en Janvier 2012 sur l’Institution des Courses :

Bien que constituée d'organismes de droit privé à but non lucratifs, financés par les recettes commerciales d'un GIE et au service d'acteurs économiques évoluant dans un cadre concurrentiel, l'Institution des courses est une économie administrée.

Pour ajouter ensuite :

Par ailleurs, l'Etat a des représentants dans les organes de gouvernance des principales entités au premier rang desquelles le GIE PMU dont le président directeur général et le directeur général délégué sont, de surcroît, agréés.

Enfin, les principaux actes financiers des organes formant l'Institution (projet de budget, comptes financiers, acquisitions immobilières) sont soumis à approbation des tutelles agricole et budgétaire.

Dès lors, les documents du PMU s’apparentent à des documents administratifs. En effet sont considérés comme documents administratifs, tout document élaboré ou détenu par une administration ou un organisme privé gérant un service public.

La transparence sur l’érosion des enjeux hippiques est nécessaire pour que les acteurs de la filière s’approprient la réalité.

Plus généralement, et compte tenu de la situation d’érosion constante des enjeux depuis plusieurs années, il nous a semblé important de faire ressortir des évolutions qui sont nettement plus inquiétantes que certains discours optimistes tentent d’occulter. Il suffit de noter les dernières statistiques des enjeux du prix d’Amérique, qui malgré une assistance en augmentation, font apparaître une diminution de 11,76% des enjeux.

De surcroit, l’ARJEL vient de publier des éléments très inquiétants concernant l’activité paris hippiques on line. En effet, entre 2012 et 2016, les mises hippiques ont baissé de -17,7%, le TRJ correspondant de -3%, alors que les paris sportifs ont progressé de 195% (environ 2 milliards) sur le même période pour un TRJ en hausse +4%.....à 83.20%.

Le PMU nous pose la question suivante « Où en seraient le PMU, les sociétés mères et l’ensemble de la filière si ces actions, menées tant à l’international que sur Internet, n’avaient pas été mises en oeuvre ? ». Voici notre réponse :

Votre stratégie à l’international et sur l’internet conjuguée à l’érosion du taux de retour joueur vous ont permis jusqu’à présent de sauver les apparences. Nous arrivons aujourd’hui au terme de cette stratégie qui, dans le même temps, a provoqué bien des effets pervers, tels que la dilution de la masse globale des paris.

Et nous maintenons notre analyse selon laquelle il est urgent de partir sur des bases plus réalistes et en prise sur le terrain.

Aujourd’hui, les accusations complotistes ne jettent le discrédit que sur ceux qui les profèrent !

Le rôle d’un think tank est bien de fournir des éclairages, des analyses et des propositions en toute indépendance. C’est particulièrement salutaire pour le monde des courses où seules semblent n’avoir droit de cité que des informations dûment sélectionnées par une censure intransigeante.

C’est en tout cas le sentiment que reflète la réponse du PMU surtout quand les seuls arguments développés pour rejeter les conclusions que nous avançons sont des généralités critiques telles : erreurs d’analyse, manque de connaissance de l’entreprise, confusion, mélange des concepts, minimum de sérieux etc… , bref une sorte de « bréviaire pour police politique » dont la seule portée est de jeter le discrédit sur ceux qui l’utilisent.

Il est clair que le PMU ne souhaite pas le dialogue. Quoi qu’il en soit nous poursuivons nos travaux sans aucune hostilité et sans servir des intérêts sur lesquels le PMU s’interroge dans une belle envolée complotiste en fin d’article.

Les fondateurs et soutiens d’Equistratis ne cessent de se renforcer à mesure que les acteurs du monde des courses s’interrogent sur leur avenir.

Par ailleurs, Equistratis est en relation avec les sociétés mères et souhaite développer toute coopération utile. Il est donc bien préférable d’envisager rapidement une collaboration positive que de vaines tentatives d’intimidation qui frôlent la calomnie. Nous poursuivrons notre chemin avec rigueur et constance.

LE PMU ne devrait pas dire ça

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