Ce blog est une plateforme d’expression et de réflexions sur l’actualité de la filière équine. Equistratis étant un think tank ouvert et pluriel, nous donnerons la parole à des acteurs socioprofessionnels de la filière sans parti pris. Il est essentiel que les interrogations, les désaccords mais aussi les idées puissent s’exprimer.

La crise de la filière hippique est aussi morale !

Propos recueillis par Halim Bouakkaz et publiés dans LE PARISIEN 

Entraineur de galop, Donatien Sourdeau de Beauregard est également co-président du think tank Equistratis. Il fait part de son regard sur la situation des courses.

Un an après la création d’Equistratis, où en êtes-vous ?

Nous avons réalisé un travail d’audit de la filière. Les résultats sont sans appel : il y a un risque de cessation de paiement des Sociétés Mères (ndlr : France Galop et LeTrot), qui s’explique par l’échec des choix stratégiques faits depuis 2010. Il est essentiel de revoir la programmation des courses et l’ensemble des jeux qui sont aujourd’hui devenus illisibles.

Les choix stratégiques que vous évoquez concernent le poker et les paris sportifs.

D’après nos analyses, les ressources hippiques financent à perte les activités des paris sportifs et du poker online depuis 2010. C‘est en moyenne 15 millions d’euros par an qui alourdissent le déficit. Cela représente le tiers des pertes des Sociétés Mères. Et qu’en sera-t-il en 2018 après les dépenses que le PMU devra faire en publicité pendant le Mondial de Football en Russie ?

C’est pourquoi vous appelez à un débat public avec le PMU ?

Absolument !Les allocations du Galop ont été réduites de 10% en moyenne. Avons-nous toujours les moyens de financer ces activités online de paris sportifs et du poker qui ne représentent que 10% des enjeux totaux ? Les chiffres que nous avons publiés dérangent.

 Nos interlocuteurs refusent d’ouvrir un débat sur cette question, contestant les chiffres avancés. C’est une technique bien commode pour éviter d’affronter un problème. Mais c’est parce que ces chiffres sortent des rapports officiels de France Galop, du Trot et du PMU que nous savons que le sujet doit faire l’objet d’un débat public.

Quels seraient vos souhaits pour 2018 ?

Parmi tous les enjeux qui nous attendent en 2018, je souhaiterais souligner l’un d’entre eux qui me tient particulièrement à cœur, celui de l’engagement des socio-professionnels pour participer à la reprise en main de notre destin. La crise que nous traversons n’est pas que financière, elle est également morale.

C’est pourquoi à l’aube de la nouvelle année qui s’ouvre, je formulerai le vœu qu’il y ait un renouvellement des hommes et des femmes qui s’impliquent dans la filière. Depuis peu, la défiance vis-à-vis de la gouvernance actuelle se double du désengagement, alors que c’est maintenant que la filière a besoin d’hommes neufs.

La crise de la filière hippique est aussi morale !

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