Ce blog est une plateforme d’expression et de réflexions sur l’actualité de la filière équine. Equistratis étant un think tank ouvert et pluriel, nous donnerons la parole à des acteurs socioprofessionnels de la filière sans parti pris. Il est essentiel que les interrogations, les désaccords mais aussi les idées puissent s’exprimer.

ENGHIEN : « Ce n’est pas un crime, c’est une faute »

Donatien Sourdeau de Beauregard, membre fondateur d’Equistratis, réagit à l’annonce de la fermeture des courses d’obstacles à Enghien.

France Galop nous a mis devant le fait accompli à la fin du printemps en annonçant abruptement que l’hippodrome d’Enghien ne serait plus utilisé pour l’obstacle en 2017. Nous déplorons le peu de concertation avec les socio-professionnels. De plus, la SECF, société dirigeante de l’hippodrome d’Enghien n’avait elle-même pas été mise au courant.

Cela ressemble fort à un 49.3 ! Pourquoi cette décision arbitraire ? Projet irrecevable et donc passage en force ?

Alors, certes l’hippodrome d’Enghien ne ferme pas, car le trot va y continuer. L’argent de la location ( aux alentours de 800 000 euros, mais les chiffres exactes sont difficiles voire impossibles à obtenir) est reversé à la SECF (trot) pour l’entretien. L’argent ne sort donc pas de la filière.

Où est l’économie ?

Rappelons que le PMU travaille avec les 2 sociétés mères.

Mais il semblerait que l’actuel ministre de l’agriculture (devons-nous rappeler l’état général de ce secteur avec une majorité d’exploitants gagnant moins de 400 euros /mois, 1 suicide tous les 3 jours) se « félicite » de cette fermeture et de l’économie réalisée, satisfaisant à leur idée de fermer un hippodrome parisien … qui ne ferme pas.

L’hippodrome d’Enghien vient d’être considérablement amélioré (le tournant, plusieurs obstacles viennent tout juste d’être refaits), et comble les professionnels. Avec cette décision, ces dépenses deviennent subitement inutiles. Pire elle oblige à programmer de nouvelles dépenses à Compiègne sans pouvoir justifier de l’économie réalisée, car elle n’existe pas !

Les travaux de Compiègne : comment justifier d’une économie alors que l’on doit refaire plusieurs obstacles, la piste. Les travaux commencent en automne 2016 et il semble compliqué d’envisager sa réouverture au printemps 2017. Il nous semble donc programmé que les courses du printemps d’Enghien ne seront pas transférées à l’identique à Compiègne comme annoncé. Une habile manière de faire disparaitre des courses d’obstacle. D’autant plus que les travaux semblent arrêtés (information non vérifiée)…

Enghien et Compiègne n’ont rien de comparable : à Paris, nous avions Auteuil pour les chevaux de terrain lourd et Enghien pour les chevaux de terrain léger. Compiègne se rapproche beaucoup plus d’Auteuil, c’est un terrain pénible ne sélectionnant pas les chevaux de vitesse pure. On créée donc (à l’avantage de certains) un deuxième hippodrome type Auteuil.

Pour les entraineurs provinciaux, aller à Compiègne signifie un trajet plus long et donc plus d’embouteillage. Donc plus de temps (compter un départ 1 heure plus tôt et un retour 1 h plus tard pour la province), plus de frais, plus de personnel, où est l’économie une fois de plus ?

Et Longchamp alors ? Où en sommes-nous ?

Les petits hippodromes de Province (Lisieux, Avignon), Enghien tous sacrifiés sur l’autel des ambitions pharaoniques du nouveau Longchamp. Quant à Epic Séries (chiffres non communiqués qui dépasseraient largement les 8 millions d’euros), une tentative louable de séduction du public et des parieurs dont l’obstacle a été sciemment écarté. Pourtant ce sont bien les mêmes champions français (So French, Milord Thomas,…) que l’on a retrouvé au printemps et à l’automne. Rappelons que lors du weekend de l’obstacle cet automne, 10 500 personnes (+24% cf 2015, ventes de tickets) étaient présentes à Auteuil.

*(« C’est pire qu’un crime, c’est une faute » propos de Boulay, souvent attribués à Fouché, parfois à Talleyrand à propos de l’assassinat du Duc d’Enghien)

ENGHIEN : « Ce n’est pas un crime, c’est une faute »

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