Ce blog est une plateforme d’expression et de réflexions sur l’actualité de la filière équine. Equistratis étant un think tank ouvert et pluriel, nous donnerons la parole à des acteurs socioprofessionnels de la filière sans parti pris. Il est essentiel que les interrogations, les désaccords mais aussi les idées puissent s’exprimer.

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Point vue publié dans le PARIS TURF

Les déclarations de Cyril Linette dans le PARIS TURF d’hier ont le mérite de reconnaître une réalité qu’Equistratis dénonçait depuis plusieurs mois avec quelques résistants de la première heure. Ses mots sont très durs : « le PMU doit sortir de sa myopie », « le PMU a essoré une clientèle de fidèles ».

Oui, l’entreprise a masqué les problèmes en multipliant le nombre de courses et de paris. Dès janvier 2017, nous pointions la dérive du PMU vers toujours plus de courses et de paris qui s’apparentait à de la « cavalerie marketing ». C’est pour nous le sujet de fond.

Et c’est la raison pour laquelle nous avons investi dans le développement d’un modèle qui permet de calculer les meilleures combinaisons pour optimiser les enjeux hippiques. Ce modèle démontre par exemple qu’il est possible de les augmenter en améliorant notamment le taux de retour joueur.

Oui le PMU a des coûts d’exploitation trop lourds et doit revoir son train de vie. C’est également une des premières mesures proposées par Equistratis, et ce dès le printemps 2017. Nous avions chiffré les économies possibles à 50 millions € en deux ans, ce qui est cohérent avec les 30 millions € dès 2018 proposés par Cyril Linette.

Ses orientations traduisent également un vrai courage de rompre avec des certitudes pourtant soutenues par le plus grand nombre. Rappelons les propos de nos dirigeants qui déclaraient encore à Deauville en août 2017 « Si on arrête les paris sportifs, on est mort ! ».

Non, le cross-selling n’a jamais véritablement ramené de parieurs vers l’hippisme. Au mieux ce n’est qu’un « filet d’eau » ! « Espérer sauver l’activité avec d’autres activités que l’hippisme qui constitue 95% du chiffre d’affaires du PMU est un leurre » n’hésite pas à dire Cyril Linette.

C’est exactement ce qu’Equistratis a déclaré en proposant de vendre, voire de filialiser les activités « paris sportifs et poker », au nom des 118 millions € de déficits que les Sociétés Mères ont dû payer depuis 2010.

Non, la priorité n’est pas au changement de statut du PMU. Oui il faut d’abord travailler ensemble et en toute transparence. Et en priorité sur la clientèle et les jeux proposés. Nous sommes nombreux à penser que l’inflation des jeux n’est pas attractive et provoque une dilution des masses néfaste pour les gains des joueurs. Nous militons également pour que des représentants de joueurs aient une place dans les instances de gouvernance de la Filière afin que les jeux à venir redeviennent attractifs.

En conclusion, nous ne pouvons que nous réjouir que le PMU ait fait ce premier pas. Car ce n’est qu’un premier pas dans la bonne direction. A nous les Socio-Professionnels de faire la preuve que nous pouvons faire de même en contribuant à réformer les Sociétés Mères : reconnaître nos erreurs et accepter de repenser le système des courses dans son ensemble.

Car sinon la sanction sera encore plus forte : le monopole des paris confié par l’Etat au PMU et donc indirectement aux Sociétés Mères nous sera retiré.

En un mot nous devons faire une véritable révolution culturelle pour garder les rênes de notre destin en main ! Telle est la ligne de conduite que nous nous sommes fixés à Equistratis car il n’y a pas de fatalité de baisse des paris hippiques !

Pascal Berthou et Donatien Sourdeau de Beauregard, co-présidents d’Equistratis

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