Ce blog est une plateforme d’expression et de réflexions sur l’actualité de la filière équine. Equistratis étant un think tank ouvert et pluriel, nous donnerons la parole à des acteurs socioprofessionnels de la filière sans parti pris. Il est essentiel que les interrogations, les désaccords mais aussi les idées puissent s’exprimer.

Pour un débat public avec le PMU !

Article paru dans PARIS TURF et co-signé par Pascal Berthou, co-président d’Equistratis, Donatien Sourdeau de Beauregard, co-président d’Equistratis et François Nicolle, membre du Conseil d’Administration d’Equistratis

D’après les analyses d’Equistratis, ce sont les ressources hippiques qui financent à perte les activités des paris sportifs et du poker online depuis 2010. C‘est en moyenne 15 millions d’euros par an qui alourdissent le déficit des Sociétés Mères.

Au total sur la période 2010-2017, le trou occasionné par le sportif et le poker représente le tiers des pertes des Sociétés Mères. Et qu’en sera-t-il en 2018 après les dépenses que le PMU devra faire en publicité pendant le Mondial de Football en Russie ?

Pour défendre ses choix, le PMU répond qu’une partie des joueurs sur le sportif et le poker s’intéresseraient aux courses hippiques … sur le online qui ne représente que 10% des enjeux totaux du PMU. Est-ce que le jeu en vaut la chandelle ?

Autre élément peu rassurant, les rapports de l’ARJEL selon lesquels le « cross selling sportifs/hippique » a un impact minime. Dans ces conditions pourquoi courir après une augmentation du chiffre d’affaires obtenue par des investissements qui coûtent plus que ce qu’ils rapportent ?

Nos Sociétés Mères sont sous la menace d’une cessation de paiement. Les allocations du Galop ont été réduites de 10% en moyenne. Quel sort connaitront plus largement les encouragements au Trot? Aujourd’hui avons-nous toujours les moyens de financer ces activités online de paris sportifs et du poker ?

Bien évidemment, notre propos est très différent pour les opérations évènementielles liées au sport ou au poker organisées sur des hippodromes qui participent aux actions de valorisation à développer et que certaines Sociétés de Course font déjà avec succès.

Les perspectives du Mondial de football et de la privatisation de la FDJ sont des opportunités pour évaluer les possibilités qui s’offrent : délégation à une filiale plus légère en coûts, cession des paris sportifs et du poker online pour ré-investir dans l’hippisme et assainir les comptes de la filière, négociation avec l’Etat…

Notre profession ne refuse pas les efforts. Mais ces efforts doivent être l’expression d’un plan global de relance de la filière et de réduction des coûts d’exploitation du PMU.

Dans une année, des élections auront lieu. Nous espérons qu’une nouvelle équipe sera amenée à prendre les rênes de notre destin. Ne perdons pas une année ! Faisons dès 2018 le travail d’apurement des comptes.

C’est souvent dans les périodes de crise que les réformes difficiles peuvent être entreprises. Ce moment est venu. Les pouvoirs publics attendent que nous soyons force de proposition. Et que nous ne nous arrêtions pas aux requêtes fiscales !

En apportant son expertise et une analyse fondée, le think-tank Equistratis  a la légitimité de la compétence qui est portée par tous ses adhérents. Parce que les chiffres que nous avons publiés dérangent, la gouvernance de la filière les rejette. C’est pourquoi nous proposons un débat public avec le PMU en présence des responsables de la filière et des turfistes.

Et ensuite, on ne pourra plus dire qu’on ne savait pas !

Pour un débat public avec le PMU !

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